gilles-picarel-residant

 

Une photographie poétique, libérée de toute dépendance au dehors, est possible – sans tomber dans une photographie solipsiste se suffisant à elle-même et régnant sans le moindre égard vis-à-vis de l’extérieur. Cette éventualité ouvre à une photographie qui travaille son extériorité. Ainsi, elle se prémunit de toute tentative de formation de système, prétentions illusoires à pouvoir rassembler les matériaux de l’expérience et d’en former une organisation. Au sein de ces rapports, rien ne se laisse circonscrire, tout excède et déborde – totalité irrémédiablement fissurée. Alors, ouverte
à l’infini, l’image, inattendue, peut surgir dans son éclat. Ni isolée ni séparée, mais soudaine, l’image se manifeste dans sa vivacité. Elle est vive et tout peut alors se déplacer, s’appréhender sous un nouveau jour, dans la fraicheur de l’image.