Refuge

Photographie en noir & blanc d'une ombre réalisée la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Photographie en noir & blanc d'une ombre réalisée la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Photographie en noir & blanc d'une ombre réalisée la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Photographie en noir & blanc d'une ombre réalisée la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Portrait flou réalisé la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Portrait flou réalisé la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier

F. m’envoie un texto : « Excuse-moi si j’ai souvent regardé par la fenêtre quand nous avons fait des photos ensemble, mais je n’arrivais pas à fixer ton regard ». Et si je n’avais rien à donner à ces jeunes mais uniquement à leur prendre quelque chose ?

Photographie en noir & blanc floue d'un immeuble réalisée par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Portrait flou réalisé la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Portrait flou réalisé la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier
Portrait flou réalisé la nuit par gilles picarel pour la série Refuge à Montpellier

Ce projet se heurte à un sentiment d’échec. Le travail est en tension entre l’intensité des moments vécus ensemble et la nécessité de réaliser une forme photographique. Il y a obligation à ne pas être totalement dans le partage ni constamment derrière son appareil photo : une position intermédiaire semble s’imposer. Serait-elle de l’ordre d’une quête, d’un absolu impossible à atteindre ? Mais quelque chose se creuse au fur et à mesure de mes différentes tentatives.

Refuge
Montpellier – Paris / 2011-2013
Photographie argentique

Ce travail a été réalisé au sein de la Fondation Le Refuge, à Montpellier et à Paris, entre 2011 et 2013. Cette fondation accompagne des jeunes LGBT+ victimes d’homophobie ou de transphobie et en situation de rupture familiale. Dans ce contexte, Refuge expérimente un faire photographique en fragilité comme possibilité d’ouverture à l’autre. De la fragilité du visible dans son rapport à l’extériorité ou de celle du donné en lien avec l’insaisissable, il découle une insatisfaction qui creuse le désir photographique et fait apparaître un écart irréductible entre soi et le monde – un entre en tension et en éveil tenant soi et autrui. Dans cet écart, un processus de dévisagement réciproque se met en œuvre, un tremblement ou une oscillation des visages. Cet espace photographique est celui d’une respiration et d’une hospitalité à l’extériorité radicale de l’autre. Il est le lieu d’une rapport sans lien, d’une prétention à l’invisible que la séparation rend possible. Avec Refuge se pose la question d’un faire photographique à la lumière d’une extériorité métaphysique, c’est-à-dire morale ou éthique, à travers laquelle l’autre n’est pas anonyme mais assumé.