Décoïncidence
Photographie argentique et numérique

Avec Décoïncidence, la photographie s’éprouve inéluctablement et inlassablement à l’autre. Face à l’impossibilité attachée à l’extériorité et au rapport que cette dernière entretient avec l’infini, paradoxalement, la photographie est mise à l’épreuve de la fragilité et de la finitude – celle du photographe en particulier et de l’homme en général. Fragilité de l’image, aussi, telle qu’elle surgit de l’expérience de l’autre, insaisissable et irréductible à toute photographie. Le risque de l’extériorité, pour la photographie, c’est cette fragilité et cette nudité de l’autre dont l’artiste n’est jamais quitte. D’où la nécessité d’une photographie en dialogue et en dialectique entre extériorité et finitude, entre la toute puissance et l’idée de limite, entre création ex nihilo et l’épreuve du rapport à l’autre. Décoïncidence expérimente ce passage et ce chemin dans un geste de reprise qui pourrait être la condition requise à la possibilité de faire monde et non pas seulement d’accroître les possibilités déjà existantes de l’immonde.