Affleurement

4 avril 2015
La fusion des corps, l’absence de médiation entre soi et l’autre, le sentiment d’immédiateté engendré par la relation animale et la pulsion sexuelle sont un leurre. Reste toujours l’extériorité, la distance – la séparation.

Affleurement
Valparaiso 2015 et à rebours, France
Photographie argentique et numérique

Affleurement est une tentative de dépassement de la lumière à partir de l’expérimentation d’un retournement photographique exposant le médium à tout ce qui ne vient pas de lui. Interrogeant ce que pourrait être une esthétique du toucher, Affleurement s’ouvre à un geste de caresse photographique afin d’opposer à la possibilité de franchissement de la distance photographique une transcendance du sensible – l’impossibilité de toute saisie. L’instant photographique se révèle alors dans son extériorité temporelle ; dans le flux temporel qui mène à la mort, il n’est plus un point sur une ligne, mais permet au contraire de dépasser l’angoisse du néant en plongeant dans l’émerveillement de l’instant. Cette approche verticale de la photographie travaille le médium dans son rapport entre émergé et immergé, apparition et retrait, présence et absence, surface et profondeur, perte et reste, etc. À partir de ces éléments, l’affleurement met en jeu une imbrication qui dépasse toute idée de succession d’instants esseulés tendus vers un néant pour poser, au contraire, un point d’interrogation qui dans la verticalité de son épaisseur ouvre à l’infini.