Objets
Photographie argentique

Avec cette série démarre un questionnement sur la nécessité d’une relation éthique à l’objet. L’objet peut-il être appréhendé photographiquement par-delà sa propriété d’agrégats de particules ? Serait-il possible d’entrer dans un rapport photographique à travers lequel l’objet serait un être de face, comme le visage d’autrui ? Si l’objet se révèle dans sa nudité, alors la photographie fait face à un « sans défense » qui implique, comme dans le rapport à l’autre homme, une dimension éthique. Eu égard à l’extériorité mystérieuse de l’objet, une responsabilité émerge du rapport que la photographie entretient avec ce dernier, une attention est nécessaire comme un dernier rempart à la violence faite à l’homme.

Les seringues /
Série réalisée entre 2012 et 2013 à partir de « pompes » usagées ayant servies à l’injection d’héroïne. Objet stigmatisé ou destiné à une invisibilité, il semble condamné à une logique d’épuisement et réduit à sa dimension de simple objet qui le prive d’une capacité à faire monde. Le processus photographique repose sur un face-à-face à l’objet à partir duquel chaque infime trace de sang ou de fluide fait vaciller l’objet, le met en résonance ou en vibration avec d’autres lieux, rappelant d’autres gestes et impliquant un autre temps. Alors l’objet ouvre de nombreuses possibilités de mise en récit et de subjectivation − il retrouve sa capacité à faire monde.