Et s’il n’y avait pas le monde, mais l’immonde, pas le cosmos, mais le non-cosmos, pas l’univers mais le pluri-vers ? Et s’il était impossible de statuer, de décider ? Et si cette antinomie de la raison pure avait comme nom extériorité ?
Peut-on dissocier philosophie et art dans cette confrontation à l’extériorité ?
L’art, face à l’extériorité, ne donne pas des réponses, mais pose des questions, des interrogations, des problèmes ; et c’est bien. Si, dans son corps à corps avec l’extériorité, plutôt que dans son face-à-face, l’art nous offre une éclaircie, on comprend mieux ce que peut être l’art : la lutte pour, avec et contre l’extériorité.

François Soulages & Gilles Picarel
Art & extériorité, Paris, L’Harmattan, coll. Eidos, 2017