Symposium international Texte & image 2. Une mise en réseau – Malte
6 février 2015

Intervention lors du Symposium international Texte & image 2. Une mise en réseau.
Réflexion à partir de mon livre Les frontières de l’extériorité afin d’interroger en quoi la structure du livre pouvait créer une relation féconde entre texte et image.

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La photographie est intentionnelle, elle doit se projeter au-devant d’elle-même, dans l’extériorité, afin de saisir son objet. Lorsque ce dernier est un être humain, le « je » du photographe s’adresse à un « tu » auquel l’action photographique se rattache. Dès lors, il ne s’agit plus de dire « je vais faire une photo » mais « je vais te faire une photo ». Face à autrui, cet « être avec » de la photographie pourrait la contraindre à dépasser tout acte de saisie à distance. Une relation à l’extériorité semble se former à partir de rapports complexes entre le même et l’autre, le familier et l’étranger, le proche et le lointain. Peut-on appréhender le texte de manière similaire ? Car de son côté, ce dernier semble pouvoir se construire sans avoir à sortir en dehors de lui-même, afin de viser son objet. Alors, comment penser la relation texte et image ? Le lien qui pourrait les unir repose-t-il sur un rapport de subordination ou, au contraire, met-il en œuvre les conditions permettant à une création photographique d’advenir ? et dans cette hypothèse, qu’est-ce qui pourrait être en jeu ?